Tour de France 2026 : le bilan du top 5 - Publié le 27 juillet 2026
Pendant ce Tour de France 2026, nous avons mesuré et comparé les performances des principaux favoris dans les grandes ascensions. Ces données permettent de mieux comprendre le niveau réel de chaque coureur, sa progression et ce qu’il pourrait accomplir au cours des prochaines saisons.
Les valeurs de VAM présentées ci-dessous sont des estimations réalisées sur les ascensions les plus significatives et sur des durées comparables. Elles ne constituent pas une mesure physiologique absolue : la pente, l’altitude, le vent, l’aspiration, la fraîcheur du coureur et la tactique de course peuvent influencer les résultats.
| Coureur | Bilan 2026 | VAM estimée | Perspective |
|---|---|---|---|
| Tadej Pogačar | Vainqueur | 1 950 m/h | Toujours intouchable |
| Remco Evenepoel | 2e | 1 700 à 1 820 m/h | Challenger crédible en 2027 |
| Isaac Del Toro | 3e | 1 800 m/h | Favori potentiel du Giro |
| Paul Seixas | 4e | 1 790 m/h | Un futur candidat au podium |
| Lenny Martinez | 5e | 1 760 m/h | Le cap de la régularité franchi |
| Jonas Vingegaard | Abandon | Environ 1 820 m/h | Encore capable de gagner un Grand Tour |
Tadej Pogačar : toujours plus haut
Sans surprise, Tadej Pogačar est le grand gagnant de cette édition 2026. Avec une VAM estimée autour de 1 950 m/h sur 30 minutes, il évolue à un niveau stratosphérique. Il semble même avoir encore légèrement progressé par rapport aux saisons précédentes.
Le Slovène reste plus que jamais intouchable lorsque la course se joue à la puissance pure dans les grands cols. Ses adversaires peuvent parfois limiter les écarts ou profiter d’une situation tactique, mais personne ne paraît aujourd’hui capable de reproduire son niveau sur l’ensemble des trois semaines.
Il faut néanmoins rester réaliste : Pogačar approche probablement de l’apogée physiologique de sa carrière. Cela ne signifie pas qu’il va bientôt décliner, mais plutôt que ce Tour 2026 pourrait représenter un niveau maximal qu’il cherchera désormais à maintenir plutôt qu’à améliorer fortement.
Grâce à son expérience, à son intelligence de course et aux gains marginaux encore possibles, il peut rester longtemps le meilleur coureur du monde. Il n’a peut-être plus besoin de devenir plus fort : il lui suffit de conserver ce niveau pour accumuler les grandes victoires et s’installer définitivement dans la discussion sur le plus grand cycliste de tous les temps.
Remco Evenepoel : la très bonne surprise
Remco Evenepoel est probablement la très bonne surprise de ce Tour de France 2026. Le Belge possède déjà un palmarès exceptionnel, mais il avait parfois déçu sur le Tour en étant largement distancé dans les grandes ascensions, malgré son talent hors norme en contre-la-montre.
Cette année, le travail acharné réalisé en montagne semble avoir porté ses fruits. Nous l’avons estimé autour de 1 700 m/h durant la première partie du Tour, avant de le voir progresser jusqu’à environ 1 820 m/h dans les grandes ascensions suivantes.
Cette évolution au fil des étapes est particulièrement encourageante. Remco semble retrouver des performances plus proches du potentiel qu’il affichait avant sa grave chute sur le Tour de Lombardie. Il reste inférieur à Pogačar en haute montagne, mais il réduit progressivement l’écart.
En 2027, une meilleure première semaine et un parcours proposant davantage de kilomètres contre la montre pourraient lui permettre de devenir un challenger crédible de Pogačar. Pour gagner le Tour, il devra encore progresser dans les cols, mais il apparaît désormais comme l’un des rares coureurs capables de réunir régularité, puissance en montagne et supériorité chronométrique.
Isaac Del Toro : un premier podium logique
Avec une VAM estimée autour de 1 800 m/h, Isaac Del Toro a confirmé qu’il appartenait déjà aux meilleurs coureurs de grands Tours de sa génération.
Le Mexicain a bénéficié de la protection d’une équipe UAE extrêmement forte, ainsi que du soutien de Tadej Pogačar lorsque la situation de course le permettait. Cet avantage collectif a compté, mais il ne suffit pas à expliquer sa troisième place : Del Toro a affiché une remarquable régularité pendant trois semaines.
Ce premier Tour de France va probablement lui permettre de progresser encore. Son niveau en montagne se rapproche déjà de celui d’Evenepoel, mais ses performances contre la montre restent insuffisantes pour faire de lui un véritable favori du Tour face à des coureurs plus complets.
En 2027, il pourrait en revanche devenir l’un des principaux favoris du Tour d’Italie. Pour franchir un nouveau cap sur le Tour de France, il devra progresser dans l’exercice chronométré et apprendre à assumer le poids de la course sans toujours bénéficier de la présence protectrice de Pogačar.
Paul Seixas : la France tient-elle son futur vainqueur ?
Soyons un peu chauvins : Paul Seixas aurait presque mérité de monter sur le podium. De notre point de vue, il a fait pratiquement jeu égal avec Isaac Del Toro sur l’ensemble de ce Tour de France.
Nous estimons sa meilleure valeur autour de 1 790 m/h, contre environ 1 800 m/h pour Del Toro. La différence entre les deux coureurs au classement final s’explique donc aussi par les circonstances de course et par la puissance collective de l’équipe UAE.
Paul Seixas ne doit pas seulement être considéré comme un grimpeur. Au printemps, il avait déjà révélé un remarquable potentiel de puncheur, capable de pousser Pogačar dans ses derniers retranchements sur des bosses explosives de quelques minutes. C’est cette combinaison entre punch, puissance et endurance qu’il faut regarder.
Le fait d’avoir terminé trois semaines de course sans défaillance majeure constitue peut-être l’information la plus importante. Le potentiel est là, mais également la résistance nécessaire pour viser un classement général.
Enfin, Seixas s’exprime avec beaucoup de lucidité. Il semble avoir les idées claires et la maturité nécessaire pour construire méthodiquement sa progression. Dès 2027, il pourrait avoir les armes pour devancer Del Toro sur plusieurs terrains et même dépasser Remco Evenepoel dans certaines grandes ascensions. Le chemin reste long avant de battre Pogačar, mais le potentiel d’un futur vainqueur du Tour existe réellement.
Lenny Martinez : le cap de la régularité
Lenny Martinez est l’autre bonne surprise française de ce Tour 2026. On le connaissait capable de performances remarquables sur certaines étapes de Paris-Nice ou du Tour Auvergne-Rhône-Alpes, mais son irrégularité le mettait jusqu’à présent hors jeu dans les classements généraux.
Avec une VAM estimée autour de 1 760 m/h, il a cette fois prouvé qu’il pouvait maintenir un excellent niveau en haute montagne pendant trois semaines. Il est devenu un très bon grimpeur de classement général, même s’il reste encore incapable de faire régulièrement la différence face aux meilleurs.
Son attitude dans l’étape de l’Alpe d’Huez a suscité des critiques et ne l’aidera probablement pas à se faire des alliés dans le peloton. Son équipe est également apparue un peu juste pour le protéger et l’accompagner face aux puissantes formations UAE, Visma ou Soudal.
Son poids plume représente un avantage dans les fortes pentes, mais peut devenir une limite dans les contre-la-montre, les étapes exposées au vent et les longues sections roulantes. Cela rend encore difficile une candidature au podium du Tour.
Le top 5 constitue néanmoins une étape majeure dans sa progression. S’il parvient à gagner encore en puissance sans perdre ses qualités de grimpeur, le rêve du podium pourrait devenir plus accessible. Le maillot à pois représente également un objectif particulièrement adapté à ses caractéristiques.
Jonas Vingegaard : un Tour interrompu trop tôt
Le classement final ne raconte pas réellement le Tour de Jonas Vingegaard. Avant son abandon consécutif à sa chute, le Danois avait réalisé une belle première partie de Tour et restait engagé dans la lutte pour le podium.
Dans les dernières grandes ascensions qu’il a pu disputer, son niveau pouvait être estimé autour de 1 820 m/h, soit une performance proche de celle atteinte par Remco Evenepoel. Il ne semblait plus en mesure de menacer directement Pogačar, mais restait l’un des meilleurs grimpeurs de l’épreuve.
Le sommet absolu de sa carrière est peut-être désormais derrière lui. Cela ne signifie toutefois pas qu’il est sorti du très haut niveau. Avec une équipe Visma toujours très forte et une motivation retrouvée, un nouveau podium sur le Tour de France resterait parfaitement envisageable.
Une victoire sur le Giro ou la Vuelta constituerait également un objectif logique en 2027. Après plusieurs chutes importantes, la principale question concernera autant sa condition physique que sa capacité à retrouver la confiance nécessaire pour courir sans retenue.
Que retenir du Tour de France 2026 ?
Tadej Pogačar reste installé dans une catégorie à part. Derrière lui, Remco Evenepoel a franchi un cap important en montagne, tandis qu’Isaac Del Toro et Paul Seixas incarnent déjà la nouvelle génération des candidats aux grands Tours.
Lenny Martinez a enfin démontré la régularité nécessaire pour viser un classement général, tandis que Jonas Vingegaard conserve un niveau suffisant pour gagner encore de grandes courses. Le Tour 2027 pourrait donc opposer un Pogačar toujours dominant à une concurrence plus dense, plus jeune et mieux armée.
Tour de France 2026 : vers une première semaine plus équilibrée ?
Les six premières étapes du Tour de France 2026 peuvent déjà dessiner une hiérarchie entre les favoris. Pogacar paraît prêt, Visma reste une référence collective, Evenepoel aura des terrains pour s'exprimer, et les premières grandes explications pourraient arriver dès les Pyrénées.
Pogacar est en forme. Il l'a lui-même affirmé, et ses vitesses en montagne au mois de juin ne laissent rien présager de bon pour ses adversaires en juillet.
Il est capable de gagner à peu près toutes les étapes qu'il aura ciblées... mais pas toutes. Il devra aussi gérer son équipe en vue des trois semaines de course. À l'inverse, il ne peut pas se permettre d'attendre : en tant que favori numéro un, c'est à lui d'imposer le rythme de la course et d'obliger ses adversaires à réagir.
Barcelone : un contre-la-montre par équipes déjà stratégique

Peu de gros écarts à prévoir sur ce format court de 19,6 km, mais quelques secondes pourront déjà peser dans la dynamique du classement général.
La Visma part avec un léger avantage : sa technicité sur le contre-la-montre par équipes, son obsession des trajectoires, de la cohésion et des gains marginaux en font probablement la référence du plateau. En face, UAE n'a rien à lui envier en puissance pure, mais pousse sans doute un peu moins haut l'optimisation collective.
Tarragone - Barcelone : Montjuïc, Pogacar... mais aussi Evenepoel

La côte du Château de Montjuïc, avec ses forts pourcentages, semble à première vue favorable à Pogacar. Mais le circuit reste particulièrement roulant, et sur ce type de terrain un nom revient naturellement : Remco Evenepoel.
Difficile malgré tout d'imaginer de grands écarts avec un peloton encore frais. On peut plutôt s'attendre à une première sélection, à quelques secondes gagnées, et surtout à un test psychologique entre les favoris.
Granollers - Les Angles : la montagne arrive, mais sans mur décisif

Le retour en France se fait par la montagne, avec une arrivée aux Angles à 1 794 m. Le profil est long, usant, mais les pourcentages restent globalement modérés.
Ce n'est probablement pas l'étape idéale pour faire exploser le classement général. En revanche, elle peut déjà user les organismes, révéler les équipes solides et fragiliser les leaders qui auraient mal digéré les deux premières journées.
Carcassonne - Foix : le jour des costauds

Le genre d'étape où le compteur de la moto restera bloqué à 60 km/h tant que l'échappée ne sera pas partie.
Le parcours est trop dur pour un contrôle facile, mais peut-être pas assez décisif pour que les favoris assument une grande bataille de loin. On peut donc imaginer un groupe de costauds à l'avant, qui aura obtenu son bon de sortie à la pédale.
Lannemezan - Pau : une journée pour les sprinteurs ?

Sauf scénario de course très agressif, cette étape devrait offrir une opportunité aux sprinteurs.
La côte de Baleix dans le final peut compliquer la tâche de certains trains, mais le profil général reste suffisamment favorable pour une arrivée massive ou semi-massive à Pau.
Pau - Gavarnie-Gèdre : Aspin, Tourmalet et premier vrai verdict

Premier grand rendez-vous de ce Tour. Avec l'enchaînement Aspin - Tourmalet puis l'arrivée à Gavarnie-Gèdre, les premiers écarts significatifs peuvent apparaître.
Tout dépendra de la stratégie des UAE : contrôler la course ou durcir très tôt ? Une attaque de Pogacar dans le Tourmalet pourrait rapidement créer une sélection et lui offrir une à deux minutes d'avance, mais au prix d'un long effort solitaire jusqu'à Gavarnie.
Le scénario le plus crédible pourrait être un petit groupe de tête avec Pogacar, Vingegaard, Paul Seixas... et peut-être Del Toro, selon le rôle que lui donnera UAE : leader de secours ou équipier de luxe chargé de mettre Pogacar sur orbite.
Une première semaine déjà décisive ?
À l'issue de cette sixième étape, nous aurons déjà de nombreuses réponses sur l'état de forme des leaders. Certains auront peut-être déjà perdu tout espoir au classement général, tandis que les premiers équilibres du Tour commenceront à se dessiner.
On verra aussi émerger les prétendants au maillot à pois et au maillot blanc. La question reste ouverte : Del Toro sera-t-il utilisé comme leader de secours, ou comme rampe de lancement pour Pogacar ?
Ce début de Tour peut donc être plus équilibré qu'il n'y paraît. Pogacar est le patron, mais entre la force collective de Visma, le profil roulant de certaines étapes et les ambitions de jeunes coureurs comme Paul Seixas, cette première semaine pourrait déjà réserver plusieurs surprises.



